• Quelle est belle notre langue !

     

    Loin des vieux livres de grammaire,

    Écoutez comment un beau soir,

    Ma mère m'enseigna les mystères

    Du verbe être et du verbe avoir.

     

    Parmi mes meilleurs auxiliaires,

    Il est deux verbes originaux.

    Avoir et Être étaient deux frères

    Que j'ai connus dès le berceau.

     

    Bien qu'opposés de caractère,

    On pouvait les croire jumeaux,

    Tant leur histoire est singulière.

    Mais ces deux frères étaient rivaux.

     

    Ce qu'Avoir aurait voulu être

    Être voulait toujours l'avoir.

    À ne vouloir ni dieu ni maître,

    Le verbe Être s'est fait avoir.

     

    Son frère Avoir était en banque

    Et faisait un grand numéro,

    Alors qu'Être, toujours en manque.

    Souffrait beaucoup dans son ego.

     

    Pendant qu'Être apprenait à lire

    Et faisait ses humanités,

    De son côté sans rien lui dire

    Avoir apprenait à compter.

     

    Et il amassait des fortunes

    En avoirs, en liquidités,

    Pendant qu'Être, un peu dans la lune

    S'était laissé déposséder.

     

    Avoir était ostentatoire

    Lorsqu'il se montrait généreux,

    Être en revanche, et c'est notoire,

    Est bien souvent présomptueux.

     

    Avoir voyage en classe Affaires.

    Il met tous ses titres à l'abri.

    Alors qu'Être est plus débonnaire,

    Il ne gardera rien pour lui.

     

    Sa richesse est tout intérieure,

    Ce sont les choses de l'esprit.

    Le verbe Être est tout en pudeur,

    Et sa noblesse est à ce prix.

     

    Un jour à force de chimères

    Pour parvenir à un accord,

    Entre verbes ça peut se faire,

    Ils conjuguèrent leurs efforts.

     

    Et pour ne pas perdre la face

    Au milieu des mots rassemblés,

    Ils se sont répartis les tâches

    Pour enfin se réconcilier.

     

    Le verbe Avoir a besoin d'Être

    Parce qu'être, c'est exister.

    Le verbe Être a besoin d'avoirs

    Pour enrichir ses bons côtés.

     

    Et de palabres interminables

    En arguties alambiquées,

    Nos deux frères inséparables

    Ont pu être et avoir été.

     

    Oublie ton passé, qu`il soit simple ou composé,

    Participe à ton Présent pour que ton Futur soit Plus-que-Parfait.....

     

    QU’ELLE EST BELLE NOTRE LANGUE !

     

    L'auteur de ce beau poème est "Yves Duteil"-> Pas surprenant, n'est-ce pas ?




    « 1961-1962 - Classe CE2La Saint-Valentin »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :